Tout savoir sur le permis d’urbanisme en Belgique en 2026

29/03/2021

Mis à jour en juin 2026.

Le permis d'urbanisme est l'autorisation administrative qui vous permet de construire, transformer ou démolir un bien immobilier en Belgique. Sans lui, certains travaux deviennent des infractions urbanistiques qui peuvent bloquer une vente, faire fuir une banque et peser lourd sur le prix. C'est un sujet incontournable dès que vous achetez, rénovez ou vendez une maison.

La matière est entièrement régionalisée : la Wallonie applique le CoDT, Bruxelles le CoBAT et la Flandre la VCRO. Les règles, les coûts et les délais diffèrent donc d'une région à l'autre. En 2026, plusieurs réformes ont d'ailleurs assoupli ce qui peut se faire sans permis, tout en gardant un cadre strict pour les infractions les plus lourdes.

Vous trouverez ci-dessous l'essentiel, région par région, pour comprendre quand un permis est requis, ce qui change cette année et ce qui se passe en cas d'infraction au moment de vendre.

🔑 À retenir

  • Le permis d'urbanisme est régionalisé : CoDT en Wallonie, CoBAT à Bruxelles, VCRO en Flandre.
  • En Wallonie, une version coordonnée du CoDT est applicable dès le 25 mai 2026, et la liste des petits travaux dispensés de permis a été élargie.
  • En Flandre, le nouveau Vrijstellingenbesluit dispense de permis davantage de travaux depuis le 1er mars 2026.
  • Une infraction urbanistique doit toujours être mentionnée à l'acquéreur, qui en reprend alors la charge : cela réduit la valeur et complique le financement.
  • Payer une amende administrative ne régularise pas le bien : il faut encore une remise en état ou un permis de régularisation.

Quand un permis d'urbanisme est-il obligatoire ?

Un permis est obligatoire dès que vos travaux modifient la construction, son volume ou son affectation, mais les petits travaux d'entretien en sont généralement dispensés. Chaque région fixe sa propre liste de dispenses, et celles-ci se sont élargies en 2026.

En Wallonie, la réforme de mai 2025 a étendu la liste des actes et travaux dispensés de permis (article R.IV.1-1 du CoDT), intégrée dans la version v.45.1 du Code applicable au 1er avril 2026 : davantage de petits travaux peuvent être réalisés sans permis. En Flandre, depuis le 1er mars 2026, le nouveau Vrijstellingenbesluit autorise sans permis la rénovation de la façade avant, de la toiture et certains travaux intérieurs à impact limité sur la stabilité, tant que le volume du bâtiment et la performance énergétique restent inchangés.

Attention : ces dispenses ne sont jamais absolues. Les règlements communaux locaux et le patrimoine protégé peuvent imposer des restrictions supplémentaires. Avant d'entamer un chantier, vérifiez toujours auprès de votre commune.

Quelles sont les règles par région en 2026 ?

Les trois régions partagent la même logique mais avec des textes et des procédures distincts. Le tableau ci-dessous résume les cadres applicables en 2026.

Le permis d'urbanisme région par région (2026)
RégionCode de référenceNouveauté 2026
WallonieCoDTVersion coordonnée applicable dès le 25 mai 2026 ; liste des dispenses élargie
BruxellesCoBATRenseignements urbanistiques (art. 275) indispensables à toute vente
FlandreVCRONouveau Vrijstellingenbesluit depuis le 1er mars 2026

En Wallonie, c'est la version coordonnée du CoDT (v.46.2), publiée par le SPW sur territoire.wallonie.be, qui sert de texte de référence pour tout permis d'urbanisme en 2026. À Bruxelles, avant toute vente ou cession de droits réels, les renseignements urbanistiques (article 275 du CoBAT) sont indispensables : à la Ville de Bruxelles, leur coût est de 103,70 € en procédure standard et 207,40 € en procédure d'urgence (ventes judiciaires uniquement), la demande se faisant via IRISbox.

Que se passe-t-il en cas d'infraction urbanistique ?

Une infraction urbanistique n'empêche pas forcément de vendre, mais elle doit obligatoirement être signalée à l'acquéreur, qui en reprend la responsabilité. Concrètement, l'acheteur hérite de l'obligation de régulariser ou de remettre en état, ce qui réduit la valeur du bien et complique l'obtention d'un prêt bancaire.

En Wallonie, le vendeur doit mentionner l'infraction dans l'acte de vente. La régularisation suit alors la même procédure qu'une demande de permis : comptez environ 75 jours en procédure simplifiée, et de 120 à 170 jours lorsqu'une enquête publique est requise. À Bruxelles, sous le CoBAT, tout propriétaire est responsable des infractions affectant son bien, même commises par un propriétaire précédent. En Flandre, le vendeur a aussi l'obligation d'informer l'acquéreur, qui reprend la responsabilité légale.

  • Wallonie : régularisation = même procédure qu'un permis, délais de 75 à 170 jours.
  • Bruxelles : responsabilité du propriétaire actuel, même pour une infraction ancienne.
  • Flandre : obligation d'information, l'acquéreur reprend la responsabilité.

Une infraction peut-elle se prescrire avec le temps ?

Oui, certaines infractions finissent par se prescrire, mais pas toutes, et les règles varient fortement selon la région. C'est un point décisif quand vous achetez un bien ancien dont l'historique des travaux n'est pas clair.

En Wallonie, depuis la réforme du CoDT entrée en vigueur le 1er avril 2024 (décret du 13 décembre 2023), les infractions « mineures » sont présumées conformes après 10 ans et les infractions « ordinaires » après 20 ans. En revanche, cinq catégories d'infractions « majeures » restent imprescriptibles et exclues de toute régularisation automatique : par exemple la création de logements multiples après le 20 août 1994, les actes non conformes à la destination de zone ou ceux touchant des sites protégés. En Flandre, le droit d'imposer une amende administrative pour une infraction (inbreuk) se prescrit par 3 ans à compter de sa commission.

Un avertissement essentiel : à Bruxelles comme en Flandre, le paiement de l'amende administrative ne régularise pas le bien. Il faut encore obtenir un permis de régularisation ou procéder à une remise en état. Une amende payée ne « blanchit » donc pas une construction illégale.

Quel lien entre permis, PEB et droit des biens ?

Le permis d'urbanisme ne vit pas seul : il s'articule avec le certificat PEB et le droit des biens, deux éléments qui pèsent aussi sur une vente. Les ignorer peut bloquer le passage de l'acte chez le notaire.

Le certificat PEB est obligatoire dès la mise en publicité du bien, et toute annonce doit en mentionner les indicateurs ; le notaire peut refuser de passer l'acte authentique sans PEB valide. Le calendrier énergétique se durcit : en Wallonie, l'installation d'une chaudière au mazout sera interdite lors d'une rénovation importante dès le 1er janvier 2027, et l'acheteur devra atteindre au moins le PEB D dans les 5 ans à partir de 2028 ; à Bruxelles, l'objectif est le label E pour tous les bâtiments d'ici le 1er juillet 2033. Si votre bien est très énergivore, notre guide pour vendre une maison classée PEB F ou G et celui pour vendre une passoire thermique en Belgique complètent utilement cette page.

Côté droit des biens, le Livre 3 « Les biens » du Code civil (mitoyenneté, servitudes, bornage), en vigueur depuis le 1er septembre 2021, reste le cadre applicable en 2026. Le bornage demeure amiable, transcrit dans un acte authentique, ou judiciaire ; la phase judiciaire ne peut être engagée qu'après une mise en demeure et un délai d'attente de 3 mois. Une servitude y est définie comme une charge grevant un fonds servant au profit d'un fonds dominant appartenant à un tiers.

Comment vendre un bien avec un souci de permis ?

La meilleure approche est la transparence : signalez l'infraction, rassemblez les documents et chiffrez la régularisation avant de mettre en vente. Un acheteur informé négocie, mais un acheteur surpris se retire. Pour un bien à rénover, notre guide pour vendre une maison à rénover détaille les étapes utiles.

Pensez aussi aux frais annexes, qui s'ajoutent au coût d'une éventuelle régularisation : les frais liés à une vente immobilière en Belgique et les droits d'enregistrement varient selon la région et influencent le budget final de l'acheteur. Si la perspective d'une régularisation longue vous décourage, Maisonsmoches rachète des maisons en l'état, infractions urbanistiques comprises, sans vous demander de remettre le bien en ordre au préalable.

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Questions fréquentes

Faut-il un permis pour de petits travaux de rénovation ?

Pas toujours. Les travaux d'entretien et de faible ampleur sont souvent dispensés de permis, et les listes de dispenses se sont élargies en 2026, tant en Wallonie qu'en Flandre. Mais cela dépend du type de travaux, du volume et de l'affectation. Vérifiez toujours auprès de votre commune, car un règlement local ou un classement peut imposer des règles plus strictes.

Peut-on vendre une maison avec une infraction urbanistique ?

Oui, c'est possible dans les trois régions. Le vendeur doit toutefois mentionner l'infraction à l'acquéreur, qui en reprend la responsabilité légale et l'obligation de régulariser ou de remettre en état. Cela réduit la valeur du bien et peut compliquer le financement bancaire. La transparence en amont reste la meilleure manière de mener la vente à bien.

Payer l'amende suffit-il à régulariser le bien ?

Non. À Bruxelles comme en Flandre, le paiement de l'amende administrative ne régularise pas le bien. Il faut encore obtenir un permis de régularisation ou procéder à une remise en état. Une amende acquittée ne rend donc pas une construction conforme : elle sanctionne l'infraction sans effacer l'obligation de mise en ordre.

Combien coûtent les renseignements urbanistiques à Bruxelles ?

À la Ville de Bruxelles, les renseignements urbanistiques (article 275 du CoBAT) coûtent 103,70 € en procédure standard et 207,40 € en procédure d'urgence, cette dernière étant réservée aux ventes judiciaires. La demande se fait via IRISbox. Ces renseignements sont indispensables à tout acte de vente ou cession de droits réels portant sur un bien situé sur le territoire de la commune.